27 avril 2017

Meow

Bonjour,

Certains bibliothécaires continuent à s'exprimer fiévreusement sur "l'Affaire Anne-Sophie Chazaud"(https://lahary.wordpress.com/, http://sophiebib.blogspot.com/) de façon concise et très, très claire.
Pas tant que ça pour mon chat visiblement, qui a tenu à s'exprimer également sur la question.
Je lui laisse donc la parole, et je suis sûre que comme moi, à la lecture de son intervention, vous serez tous enfin d'accord.


Meow,

Meow miaow meow meow. Meow meow meow meaw meow mêow. Meow meow meow miaow meow. Meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meaow.
Meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow.
Mêow mêow meow miaowmiaow. Meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meow meaow meow mêow !

Mêow miaow.

Cat.

8 avril 2017

Lettre ouverte

Chers collabos, islamo-gauchistes, lyncheurs de tous poils et vierges effarouchées,

Je sais que la Profession attend avec fébrilité une intervention de ma part, mais je suis comme vous le savez très accaparée par des affaires de la plus haute importance, qui requièrent mon entière vigilance.
Je laisse donc à un membre de mon Staff, et néanmoins collègue, le soin d'exprimer en ces lieux son point de vue, que je partage en tout point.

Je vous reviens bientôt,

Salt. 


Ce mercredi 5 avril 2017, cela faisait déjà plusieurs mois qu'une conservatrice des bibliothèques utilisait, en son nom et titre, Facebook comme estrade pour déverser publiquement ses opinions tranchées sur, entre autres, le port du voile ou les bonnes manières à adopter en cas d'attente de plusieurs heures à la préfecture pour un titre de séjour. Jusqu'à ce qu'inévitablement, des bibliothécaires tombent sur les propos en question et se questionnent légitimement sur leur légalité. Je vous renvoie à deux articles pour le détail des propos et la chronologie des évènements.

Chronologie :

Depuis, j'ai pu lire ça et là plusieurs personnes prendre la défense de Mme Anne-Sophie Chazaud, fustigeant les "petits collabos défenseurs de la bonne morale, qui [...] se planquent derrière un pseudo [...] pour la lyncher publiquement et susciter un déferlement de haine", pour reprendre les mots (publics) de sa collègue conservatrice Mme Christelle Di Pietro. Je passe outre le vocabulaire employé, en rappelant juste que personne n'a été "lynché", que les propos tenus par Mme Chazaud sous son nom et sa fonction étaient accessibles publiquement, et que durant l'Occupation les vrais "collabos" étaient, eux, dans le camp des puissants. Pour ma part, j'ai fait le choix de signaler à sa hiérarchie les propos de Mme Chazaud en mon nom propre, avec tous les risques que cela peut comporter. Je ne fustige cependant pas ceux•celles qui ont préféré garder l'anonymat, car je sais combien remettre en question la parole d'un personnel de catégorie "A+", comme on dit, peut causer comme problèmes dans votre carrière, surtout quand la A+ en question est à la tête d'une revue professionnelle aussi installée et importante que le BBF.

Le communiqué public de l'ENSSIB (http://www.enssib.fr/communique/), sous la plume de son directeur Mr Yves Alix, remet avec bienveillance et finesse les points sur les i quant à la liberté d'expression et au devoir de réserve qui s'applique à tout fonctionnaire. Un devoir proportionnel aux fonctions et au grade dudit fonctionnaire. Et c'est bien le problème de cette affaire. Nous ne sommes pas en train de parler d'un magasinier à mi-temps qui aurait critiqué le maire de sa commune. Nous sommes en train de parler d'Anne-Sophie Chazaud, conservatrice rédactrice en chef du BBF, l'une des personnes les plus haut placées dans l'organigramme de notre métier, qui a tenu publiquement et à plusieurs reprises des propos incitant à la haine.

Certes, il y a comme le rappelle Mr Alix, d'un coté la personne "privée", avec ses opinions, et de l'autre la professionnelle tenue aux obligations de la fonction publique. Mais comment accorder la moindre once de crédit aux mots écrits par la professionnelle dans son éditorial du BBF de mars 2017* par exemple, édifiant à plus d'un titre quand on sait qu'en "privé" (je mets des guillemets car tout cela était encore parfaitement public avant le 6 avril), Mme Chazaud pense exactement le contraire de ce qu'elle y a rédigé ? Qu'y voir, qu'y lire, à part un exercice de funambule qui pourrait forcer le respect s'il n'était pas tout simplement glaçant d'hypocrisie ?

Est-ce bien cela notre métier ? Porter le masque de la compassion de 9h à 19h du mardi au samedi, hors vacances et jours fériés ? Ce n'est pas ma vision des choses, et je ne pense pas être seul dans ce cas. Il me semble que le métier de bibliothécaire est un métier éminemment social, qui exige des qualités humaines permettant de porter un regard bienveillant sur la complexité des parcours de vie de chacun de nos semblables. Il parait que ça s'appelle de la "bien-pensance"... Ça tombe bien, je laisse volontiers la mal-pensance aux collègues qui souhaitent en faire leur carburant, et les renvoie, au besoin, au manifeste de l'Unesco sur la bibliothèque publique.

Fabien Ratz

* l'éditorial du BBF en question : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2017-11-0001-001
"Nombreux sont les obstacles, les accidents de vie, les parcours contrariés, les difficultés d’existences plus complexes que d’autres."

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