28 juin 2015

La drague

L'usager de la semaine : le dragueur, le dragué-to-be (work in progress since several years)

Les dragueurs
1/ Les lourds.
"Eh Mad'moiselle, vous m'donnez vot' numéro? Allez vous avez un 06" (d'une voix trainante et molle) Non mais ça ne va pas espèce de gros malotru.

"Aaaah quel tristesse, vous savez tout de moi, et moi je ne sais rien de vous (pendant que je remplis sa fiche lecteur)" "Hééé oui (sourire contrit)" --> le plan drague qui fait rêver.

2/ Les tarés.
Le nouveau (un pédant qui la ramène "oh tu sais j'ai fait le tour des dvd quasiment") qui se marre à chaque fois qu'il vous voit --> technique de drague d'une rare idiotie - qui finit par vous dire "Je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois que je vous vois, j'ai envie de rigoler" wahou eh bien merci dis-donc. La fois suivante, en souriant et avec une assurance qui finit de vous transformer en porte de prison "Ohlala, je pars en vacances, je suis désespéré, je ne vais pas vous voir pendant deux semaines, on va se prendre un verre à mon retour" Aaaaaalors là mon coco tu rêves.
Epilogue : après lui avoir dit non, il boudera et sera imbuvable avec vous jusqu'à ce que vous l'engueuliez devant tout le monde. Ensuite, il vous évitera soigneusement pendant des mois.

3/ Les invisibles.
Il vous a réclamée auprès d’une collègue un jour, dans un accès de bravoure, mais vous n’étiez pas là. Depuis cet échec, il n’ose plus se montrer à la bibliothèque, de peur de vous croiser. Quant à vous, rongée par la curiosité, vous harcelez votre collègue pour en savoir plus, jusqu’à la rendre dingue.

Les faux dragueurs
1/ Les salauds.
C’est pas humain de sourire de façon aussi coquine et revenir le lendemain accompagné de sa copine.

2/ Les craignos.
Ouf merci mon dieu le gros naze qui vous sourit tout le temps en chantonnant n’en a pas après vous, il fait ça avec tout le monde. 

3/ Les "on sait pas trop".
Celui qui vous regarde de ses grands yeux de bambi triste avec insistance, curiosité et gentillesse à la fois. Mais vraiment avec insistance. Genre vraiment. Il fait ça avec tout le monde, en silence sans chantonner, mais rien à faire vous ne vous y faites pas.


Les proies potentielles
Font l’objet d’une répartition rigoureuse entre les bibliothécaires. Attention il est formellement déconseillé de s’approprier la proie d’une collègue. A moins qu’elle ne vous ait prise en pitié. Ou qu’elle n’ait rien contre un plan à trois. Ou qu’elle prenne cela comme un jeu (pas comme vous, pauvre obsédée).

Exemple :
L'inaccessible homme des glaces.
Attention, gros morceau. Vous aviez d’abord du mal à croire votre collègue Justine lorqu’elle insistait sur le caractère “bombesque” du garçon. Puis vous l’avez vu. Verdict : cet homme appelle la pâmoison.
Quand vous le voyez pour la première fois, vous entendez tout au fond de vous comme l’écho lointain d’un camion-poubelle. C’est le bruit des mecs sur qui vous fantasmiez plus ou moins gentiment jusque-là, et que vous jetez sans regrets au vide-ordure.

L’inaccessible est formidable. Formidablement... inaccessible. Peu voire pas souriant, homme de peu de mots, il vous fait penser à un glaçon. Pourtant c’est plus fort que vous : vous le verriez volontiers fondre gentiment sur votre langue par une chaude nuit d’été. Malheureusement, son côté “frigide” gâche un peu l’affaire. Comme si le glaçon avait un arrière-goût de javel. 

L’innaccessible vous attire aussi par ses pratiques culturelles aux antipodes des votres. Il semble ignorer l’existence d’une littérature après Gide et Camus, affectionne la Pléiade plus que de raison, écoute principalement du Classique et vous pond des avis de lecture de si belle facture qu’ils éclipsent ceux des bibliothécaires. Quel toupet. Froid et pédant : bravo, vous vous êtes surpassée, cette fois.

L’innaccessible vous trouble. Autant de raisons qui expliquent pourquoi vous l’avez piqué à votre copine Justine, qui l’a pourtant vu en premier. L’instinct vous rend mauvaise. Heureusement elle le prend bien. La preuve, elle ricane nerveusement à chaque fois qu’elle le voit. Elle qui se marre, vous qui rougissez en tremblottant (vous êtes encore si émotive, parfois)... Des hystériques, ou des Parkinson précoces. Quelle bien piètre vision des bibliothécaires doit-il avoir, tss.

Mots-clés : chaud, rouge, tremblotte, froid, Pléiade, beau.


En réalité, les proies, c’est un peu comme facebook : consultation compulsive osbessionnelle.

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