18 mai 2011

Cochons versus hommes : match nul

Il y aura des cochons et des humains.

Parce que dessiner des cochons, c'est marrant et pas compliqué. Mais faire transparaître toute la bonne volonté empreinte d'innocence et de niaiserie de la stagiaire Mélanie sur une tête de cochon, bonjour l'angoisse.

Tout à l'heure, en lisant vos commentaires du premier "Cochons vs hommes" - et alors que je me gaussais d'avoir pris ce virage "cochon" - j'étais sur le point de vous lancer un lapidaire "fini les hommes, bonjour les cochons", quand je me suis soudain rappelée mes pulsions précédentes et les annonces fracassantes qui ont suivies, du style "j'arrête tout", "je reviens je ne vous quitte plus" "cette fois c'est la bonne adieu", et autres conneries monumentales.

Comme vous avez pu le constater au cours de ces dernières années, j'aime jouer avec ma crédibilité.

J'aime bien mes ptits humains, quand même :-)

Allez, bonne soirée tout le monde.
grouin grouin

14 mai 2011

Les stagiaires


Comme chaque matin, à peine arrivé dans les bureaux, vous parcourez mollement du regard le tableau d’affichage. Ce dernier est orné d’un emploi du temps et d’une phrase que vous connaissez bien : 

«Voici le planning de Julie Dupond, stagiaire du 13 au 17 mars,
élève de 3ème au collège Jean Moulin.
Merci de lui faire bon accueil.»
Soupir. Le précédent stagiaire, Jérémy, élève de seconde aussi vif qu’un terre-neuve en pleine canicule, vient tout juste de partir. 
Vous vous demandez sur quel type de stagiaire vous allez tomber cette fois-ci. Finalement vous décidez de ne plus y penser et vous vous rendez à la cuisine vous faire un café et bâfrer ce qui reste du gâteau de départ de Jérémy.

Quelques exemples de stagiaires des bibliothèques:


Le stagiaire «pourri»

Rappelez-vous, dans Charlie et la chocolaterie, les écureuils de Willy Wonka tapent les noix pour savoir si elles sont pourries : c’est le seul moyen d’en être sûr, car en apparence elles se ressemblent toutes.

En bibliothèque, on risque aussi de tomber sur des stagiaires pourris. Mais on n'a pas le droit de les taper. A la place, on leur pose LA question : "Alors, cette formation, ça te plaît?" (on trouve beaucoup de stagiaires pourris parmi les étudiants en formation professionnelle métiers du livre). Si la réponse commence par "Ben en fait..." : banco. 


Exemple : 

Agathe, 19 ans, majeure et vaccinée, élève de DUT Info-Com spécialité Métiers du Livre 1ère année. Du tout-cuit ou presque. Et ça va vous changer des petits 3ème gnangnignan.

Ce que vous ignorez, c’est qu’Agathe, cette petite sournoise, vient de passer dans le camp des «changé d’avis plus rien à foutre». Une fois ce détail acquis, votre chef vous informe qu'en plus vous serez son référent pour l’Espace Adulte. Jubilation! Liesse! Enchantement! Il vous tarde de passer 4 longues semaines en compagnie d’une jeune fille qui souhaite changer de cursus et entrer dans une école de commerce pour travailler dans la banque. Son visage s’éclaire lorsqu’elle vous annonce avoir réussi le concours d’entrée - vous voyez déjà des contrats Teoz briller dans ses yeux - puis s’assombrit quand vous lui expliquez le classement des romans. Pour les policiers, petit p sur la cote, pour les sf, petit f et pour les terroirs, petit t. Le regard qu’elle vous lance alors ne laisse aucun doute. Vous allez vous régaler.

Les heures passées ensemble en salle de prêt s’avéreront longues et répétitives (petit p, petit f, petit t, oui je crois que j’ai compris cette fois) et les conversations varieront en fonction du temps qu'il fait.
La mutique

Petite chose craintive que l’on brûle de secouer comme un prunier pour que son s’en suive.


La coolish

La coolish est du genre «à l’aise» et adopte une attitude plutôt décontractée : coiffure négligée mèche dans les yeux (dans la bouche c’est encore mieux), pull un peu trop grand qui dénude l’épaule avec désinvolture, manches recouvrant la quasi-totalité des mains (mains souvent dans les poches). Et toujours le même sourire aux lèvres, un peu benaise, un peu douceâtre, qu’on trouve charmant au début puis mielleux, puis faux-cul...
La coolish remporte généralement tous les suffrages à son arrivée «ah Tiphaine elle est très sympa, à l’aise et tout, ouais ouais ouais», et bénéficie d’un important capital sympathie, qui s’effondrera très rapidement une fois que tout le monde se sera rendu compte qu’en réalité,   elle est crâneuse, complètement mytho et fort sotte.

La coolish parle beaucoup, la plupart du temps pour ne rien dire, le reste du temps pour répondre - à côté de la plaque - à vos questions. Elle est toujours d’accord pour vous aider «ouais, carrément», mais le fait comme un pied. De plus, elle n’a aucun sens de l’initiative. La coolish essaie d’en faire le moins possible tout en donnant l’illusion du contraire. Après son départ, elle alimentera tout de même les conversations pendant plusieurs jours et un léger parfum de scandale auréolera son souvenir.
Le «stage par défaut»

Bibliothécaire :  "Alors comme ça Pierre tu t’intéresses au métier de bibliothécaire?"
Pierre : "Ben en fait j’étais à la bourre pour prendre un stage donc j’ai eu celui-là un peu à l’arrache" (dit-il d’un hochement de tête pour remettre sa mèche en place).
Les parents du «stage par défaut» ont souvent de bonnes relations à la mairie.
Le «stage par défaut» ne vous laissera pas un souvenir impérissable : en général, il attend patiemment que ça se passe, et n’attend rien de vous. Vous ne lui en tenez pas trop rigueur car vous non plus.


Les rhâ lovely

On aimerait les garder pour toujours. Ils sont sympathiques, curieux, efficaces. Et en partant, laissent un mot de remerciement et des bonbons. Snif.


Les «veut bien faire mais foire tout»

De caractère enthousiaste, le «veut bien faire mais foire tout» est partant pour TOUT ce que vous lui proposez. Se sentant pousser des ailes, il prend même des initiatives sans vous le dire et est sincèrement abattu et désolé lorsque, à votre mine déconfite, il comprend qu’il a fait une grosse bourde. Le «veut bien faire» insiste pour réparer son erreur, ce qui part d’un bon sentiment mais n’est pas forcément une bonne idée. Vous accédez toutefois  à sa requête mais surveillez l’opération de très près, ce qui peut prendre un temps considérable (et pendant ce temps-là, votre collègue trime comme un forçat à la banque de prêt et les chariots n’en finissent plus de s’accumuler).
Le «veut bien faire» part néanmoins très satisfait de son stage et laisse aussi un petit mot gentil avec des gâteaux. On n’a pas très envie de le revoir en stage chez nous mais on y repense avec attendrissement.

...


Voici quelques portraits de stagiaires... saurez-vous retrouver à quelle catégorie ils appartiennent? Une des catégories n'est pas représentée...
Pis le premier qui a trouvé gagnera un petit cochon dessiné (et c'est vous qui décidez : punk, bimbo, prostituée, hippie... je m'adapte).








11 mai 2011

Le Mateur

Bonjour,


J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique : "L'usager de la semaine", qui comme son nom l'indique, mettra chaque semaine un type d'usager de bibliothèque à l'honneur, sous la forme d'un portrait, dessin(s) à l'appui.


Nota bene : l'usager pourra rester plus d'une semaine s'il se distingue par son caractère remarquable (exemple : la Connasse). Merci d'en prendre note.



Aujourd'hui : le Mateur, personnage aimant beaucoup les bibliothèques, se plaisant à en investir l'espace, et surtout à scruter à peu près tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bout de cuisse, de cul, de renflement de pantalon ou d'esquisse de téton sous le tee-shirt, bref, de ce qui va nourrir ses fantasmes la journée durant, et bien plus encore.

Le Mateur vient tous les jours ou presque, et apprécie de retrouver "son" fauteuil, là dans le coin derrière les rayonnages (lieu judicieusement choisi car nécessitant une contorsion dorsale très pénible de la part des bibliothécaires installés à la banque de prêt, et souhaitant le surveiller) ou bien, les jours de grande forme, aime carrément s'installer au vu et au su de tous.

Le Mateur n'hésitera pas, si vous le surprenez en plein délit de matage, à soutenir votre regard, car il est, à l'occasion, assez joueur, et vous narguer accroît son plaisir. Toutefois, devant trop d'insistance de votre part, il retournera à la lecture de son "Grand livre des motos", "Chevaux du monde" ou de n'importe quel quotidien lui servant de paravent.



Le Mateur affectionne une salle publique bien éclairée, il considère la lumière comme une redoutable alliée, car elle  lui dévoile certains détails anatomiques fort intéressants, d'ordinaire bien dissimulés. C'est pourquoi on le voit très souvent l'été. Par ailleurs, lorsque la climatisation montre des signes de défaillance, les effluves de transpiration et autres odeurs corporelles l'émoustillent grandement.
L'hiver est une saison moins intéressante d'un point de vue visuel, mais au moins il est au chaud, et la mode du mini-short-collants-opaques/semi-opaques continue malgré tout d'inspirer les foules adolescentes.

Le Mateur d'une bibliothèque possédant une mezzanine vitrée est un mateur comblé. Il peut ainsi, installé en vis-à-vis, jouir d'un point de vue inégalé et se délecter ainsi de la faune s'offrant à sa vue. Ce genre d'aménagement étant généralement très prisé des étudiants, le mateur est assuré d'avoir tous les jours un paysage renouvelé et de premier choix, ce qui est très rassurant pour lui.

S'il a la chance d'en être témoin, un croisement de jambes le mettra dans un émoi rare. La vue d'un bourrelet s'échappant d'un jean peut provoquer le pétrissage fugace de son journal. Un fanon, s'il est notable, peut à l'occasion soulever chez lui une légère vague de désir. Le spectacle d'une gorge généreuse prisonnière d'un pull trop étroit le plongera dans un rêve de volupté, tandis que le ballet de doigts de pieds ingénus réveillera ses gaillardes glandes salivaires.
Son mode d'action : installation fauteuil - regard journal (presto) - regard mezzanine (adagio) - regard bibliothécaire (moderato) - regard journal (andante) - regard gauche (allegro) - regard droite (presto) - regard bibliothécaire (prestissimo) - regard mezzanine (ad libitum)



Vocabulaire d'un(e) bibliothécaire ayant un mateur dans le collimateur:
Porc
Pervers
Gros dégueulasse
Mais tu vas dégager espèce de sale con?!
Ça va, vous avez une belle vue? (réprimé)
Vous voulez une paire de jumelles? (réprimé)
Vous allez être content, c'est bientôt l'été, les filles vont se mettre en jupe. Vous verrez mieux les culottes! mm, oh, mh (réprimé)

8 mai 2011

Cochons versus hommes

Juste comme ça, en passant, histoire d'avoir un petit retour : vous en pensez quoi de mes petits cochons? Vous regrettez mes humains? Vous vous en fichez? :-)
Curieuse de savoir, quoi.

Rrroouu Rrroouu

Qu'est-ce qu'on se marre chez nous en ce moment.

7 mai 2011

Fayots

Parmi nos compagnons de prépa AQCPB, il y en a toujours pour dire :

- qu'ils bossent tellement comme des fous qu'ils en rêvent la nuit ("pourtant je prends du Rescue mais rien n'y fait")


- qu'ils bossent 2 heures tous les soirs en rentrant du boulot ("ben Patrick et les gosses sont en auto-gestion depuis 3 mois, c'est ambiance jambon-purée tous les soirs")


- qu'ils lisent "Le métier de bibliothécaire" le soir au lit ("écoute je passe des moments super sympas à lire ce bouquin c'est passionnant je connaissais pas")


- qu'ils essaient de passer 1/2 heure chaque jour sur le site du BBF ("en fait je passe beaucoup de temps à relire, il y a des mots compliqués mais sinon franchement c'est formidable, c'est très fin")


... alors qu'en fait tout le monde sait pertinemment :


- qu'ils matent des séries tv jusqu'à pas d'heure en se bâfrant de saloperies chimiques




- qu'ils passent tous leurs weekends entre potes à descendre des bouteilles de St Chinian et à abuser de Livarot fermier



... d'ailleurs même s'ils ne vous le disaient pas vous le remarqueriez


- qu'ils passent au moins 1/2 par jour à faire le point sur les derniers potins de la planète people



- qu'ils se prélassent sans compter au bord de l'eau au moindre rayon de soleil


Alors hein, les fayots : pouet pouet.


Allez, on respire, on chiale un bon coup, on fait un beau caca mou et on y va!
Je vais à Rungis cette fois-ci, et vous?

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