11 mai 2011

Le Mateur

Bonjour,


J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique : "L'usager de la semaine", qui comme son nom l'indique, mettra chaque semaine un type d'usager de bibliothèque à l'honneur, sous la forme d'un portrait, dessin(s) à l'appui.


Nota bene : l'usager pourra rester plus d'une semaine s'il se distingue par son caractère remarquable (exemple : la Connasse). Merci d'en prendre note.



Aujourd'hui : le Mateur, personnage aimant beaucoup les bibliothèques, se plaisant à en investir l'espace, et surtout à scruter à peu près tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bout de cuisse, de cul, de renflement de pantalon ou d'esquisse de téton sous le tee-shirt, bref, de ce qui va nourrir ses fantasmes la journée durant, et bien plus encore.

Le Mateur vient tous les jours ou presque, et apprécie de retrouver "son" fauteuil, là dans le coin derrière les rayonnages (lieu judicieusement choisi car nécessitant une contorsion dorsale très pénible de la part des bibliothécaires installés à la banque de prêt, et souhaitant le surveiller) ou bien, les jours de grande forme, aime carrément s'installer au vu et au su de tous.

Le Mateur n'hésitera pas, si vous le surprenez en plein délit de matage, à soutenir votre regard, car il est, à l'occasion, assez joueur, et vous narguer accroît son plaisir. Toutefois, devant trop d'insistance de votre part, il retournera à la lecture de son "Grand livre des motos", "Chevaux du monde" ou de n'importe quel quotidien lui servant de paravent.



Le Mateur affectionne une salle publique bien éclairée, il considère la lumière comme une redoutable alliée, car elle  lui dévoile certains détails anatomiques fort intéressants, d'ordinaire bien dissimulés. C'est pourquoi on le voit très souvent l'été. Par ailleurs, lorsque la climatisation montre des signes de défaillance, les effluves de transpiration et autres odeurs corporelles l'émoustillent grandement.
L'hiver est une saison moins intéressante d'un point de vue visuel, mais au moins il est au chaud, et la mode du mini-short-collants-opaques/semi-opaques continue malgré tout d'inspirer les foules adolescentes.

Le Mateur d'une bibliothèque possédant une mezzanine vitrée est un mateur comblé. Il peut ainsi, installé en vis-à-vis, jouir d'un point de vue inégalé et se délecter ainsi de la faune s'offrant à sa vue. Ce genre d'aménagement étant généralement très prisé des étudiants, le mateur est assuré d'avoir tous les jours un paysage renouvelé et de premier choix, ce qui est très rassurant pour lui.

S'il a la chance d'en être témoin, un croisement de jambes le mettra dans un émoi rare. La vue d'un bourrelet s'échappant d'un jean peut provoquer le pétrissage fugace de son journal. Un fanon, s'il est notable, peut à l'occasion soulever chez lui une légère vague de désir. Le spectacle d'une gorge généreuse prisonnière d'un pull trop étroit le plongera dans un rêve de volupté, tandis que le ballet de doigts de pieds ingénus réveillera ses gaillardes glandes salivaires.
Son mode d'action : installation fauteuil - regard journal (presto) - regard mezzanine (adagio) - regard bibliothécaire (moderato) - regard journal (andante) - regard gauche (allegro) - regard droite (presto) - regard bibliothécaire (prestissimo) - regard mezzanine (ad libitum)



Vocabulaire d'un(e) bibliothécaire ayant un mateur dans le collimateur:
Porc
Pervers
Gros dégueulasse
Mais tu vas dégager espèce de sale con?!
Ça va, vous avez une belle vue? (réprimé)
Vous voulez une paire de jumelles? (réprimé)
Vous allez être content, c'est bientôt l'été, les filles vont se mettre en jupe. Vous verrez mieux les culottes! mm, oh, mh (réprimé)

2 commentaires:

Marita a dit…

ah tiens, y a pas que chez nous que ça existe, ces gens-là ! je transmets aux collègues, on se sentira moins seuls ! ;-)

Habib Liotek a dit…

le spectacle d'une gorge généreuse serrée dans un pull étroit ne me laisse pas insensible...
Et oui parfois, je mate ^^

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