4 septembre 2009

C'est bien moi

25 sept. 2009


Cet homme, d'une obséquiosité à vous donner envie de lui arracher la langue à la pince à épiler - Bonjouuur mademoiselle, auriez-vous l'extrême obligeance/gentillesse/bonté/amabilité de me dire combien de documents j'ai sur ma carte? Ce serait fort aimable à vous, je vous ree-meeer-ciie mademoiselle, vousêtescharmantemerci - se prend pour les auteurs des documents qu'il emprunte, et pour les artistes auxquels ces ouvrages sont consacrés.


Son plan d'attaque est toujours le même : après avoir rôdé comme une hyène dans les rayonnages, il approche sa grande carcasse du bureau, les bras chargés de monographies d'artistes, et entame invariablement un monologue délirant et délicieusement paranoïaque - on m'a contesté le nom de Vermeer, c'est un scan-dale, ils m'ont volé mon nom et d'ailleurs je suis également en procès avec un imposteur qui me conteste le nom de Bashung, mais c'est bien moi - le tout dans un marmonnage impeccable.

Bref, c'est le genre casse-burnes.


Le genre à sortir tous les Citadelles & Mazenot et à vous demander de les remettre en rayon cinq minutes plus tard : "je ne sais plus où je les ai pris". Vous voyez d'ici ma mine réjouie.
Par contre il se souvient très bien qu'il est sans conteste Coppola, Cindy Sherman ou Magritte, et ce dans la même matinée.

Il me fait vraiment, mais vraiment chier.

En même temps, je me dis que se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre, comme ça, c'est le genre de concept qui me ferait bien kiffer, dès fois... surtout au travail, en fait. Bizarrement.

Dans ce genre de situation, par exemple:


Endosser un costume et se laisser prendre au jeu, SANS PERDRE DE VUE SON PROFESSIONNALISME, et ainsi, faire preuve d'écoute, d'ouverture d'esprit...



Savoir guider son interlocuteur, l'aider à faire le bon choix...


Garder sa dignité en toute circonstance...



Savoir être patient, ne pas juger hâtivement son interlocuteur... bien que le jugement en question s'avère parfois juste.


Savourer, en vraie professionnelle, les échanges constructifs et passionnés avec les usagers.



Savoir gagner en toute modestie, ne pas étaler sa supériorité naturelle et éclatante (aveuglante, même).
Rester humble, ne pas rabaisser son interlocuteur pourtant bouffi de prétention et totalement dépourvu de cette chose fort sympathique appelée ouverture d'esprit.

Savoir quitter son adversaire (ou interlocuteur, mais parfois c'est pareil) avec civilité.
Ne pas faire grand cas des petites querelles et autres fâcheries.
Faire des adieux un moment empreint d'humilité et de maturité.

Finalement, malgré le costume, rester fidèle à son image.


Pssst : merci à Coco pour "l'échange verbal".

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Ah ah, bien joué, j'adore!
T'es trop forte.
Fantasmes SM quelque part je crois.

Coralie a dit…

Y a pas de koi poulette! c kan tu veux! dis je pourrais ne pas etre obligée de mettre ma culotte par dessus mon collant! savent pas s'habiller c super heros!!!!

Marion a dit…

C'est pas une culotte c'est un body, nuance.

Et Peaches - malgré son génie intersidéralement reconnu - n'est pas une super-héroïne. Quoique... sur scène, peut-être bien que si ^^

eric1871 a dit…

ça rassure de penser qu'on n'est pas les seuls à avoir droits aux "monologues délirants"....
Quant à Peaches... tant que c'est pas les poils par dessus la culotte, ça va...

karelle a dit…

j'ai hâtede te voir un jour porter ce magnifique body, après le "mini-short story", le "body story" !!!
Crise cardiaque en vue !

Axel a dit…

J'adore ! Hilarant, ah ces lecteurs ! Je devrais faire un tour à la médiathèque plus souvent, moi, tiens !

schlounga a dit…

Qu'est-ce que je ris en lisant ce blog !
Vous êtes géniale !

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