3 mars 2009

Pourquoi moi?

23 novembre 2007


Vous êtes de permanence de prêt à l'accueil de 18h à 19h aujourd'hui, soit jusqu'à la fermeture.

Chouette, vous allez vous les geler! Car les architectes, qui manifestement ont un sens de l'humour particulièrement prononcé, ont installé la banque d'accueil juste en face des portes d'entrée, et - sinon ce détail serait sans intérêt - ont carrément éludé la question du chauffage à l'accueil...en n'en prévoyant pas.

Il n'y a donc pas de chauffage à l'accueil, soit dans le hall d'entrée, là où nous sommes sensés accueillir les gens, les inscrire, les renseigner, etc. Tout va bien. Vous voilà donc en manteau-écharpe-bonnet recroquevillée sur votre chaise, la moitié inférieure de votre corps occupée à cuire sous la table, sous l'effet de deux radiateurs d'appoint (véridique), la moitié supérieure en proie aux morsures glaciales du vent qui s'engouffre inévitablement à chaque fois qu'un lecteur entre ou sort, ô joie, ô félicité suprême. Enfin, la bonne nouvelle, c'est qu'ils vont installer un rideau d'air chaud à l'entrée. En 2008. Vous exultez. Bref, pendant que vous jouez à "on dirait qu'on serait des esquimaux qui pêchent sur la banquise mais ça mord pas", vous observez, l'air de plus en plus mauvais, cet enfant qui depuis 5 minutes galope de long en large de l'accueil, visiblement émerveillé par les portes d'entrée puisqu'il s'y plante devant toutes les 30 secondes. Chose étonnante, elles ne s'ouvrent pas. Heureusement pour toi, petite face de fion, MOUAHAHAHA.

Votre seule occupation est de lire un dossier de la revue "Psychologies" consacré à la cellulite. Vaste programme, pensez-vous en vous massacrant les cuisses. Autre loisir de la soirée : votre première annonce faite au micro, celle de 18h57, qui consiste à faire dégager les lecteurs récalcitrants (sur lesquels le 1er appel - 18h50 - n'a fait aucun effet) qui ont oublié qu'ils avaient une vie en dehors de la médiathèque. Mais si, vous savez bien, ceux qui restent jusqu'à 19h00 pile. Qui, à 18h58, n'ont toujours pas fait enregistrer leurs documents. Qui, à 18h57, consultaient encore l'Opac avant d'aller chercher le livre en rayon, sans le trouver évidemment, étant donné leur incapacité à interpréter le terme "non disponible". Qui descendent les escaliers à 18h59'59". Qui se rendent compte à mi-chemin qu'ils ont oublié leur parapluie au 5ème et qui remontent. C'est ballot, vous êtes déjà partie en éteignant les lumières et en prévenant les collègues de l'accueil qu'il ne restait plus personne en haut. Heureusement que votre chef est remontée avec l'électricien pour vérifier un truc, sinon il passait la nuit enfermé avec l'alarme...Youhou!! ton paracouillesdemesdeuxpluie tu peux te le mettre dans LALALA.

Et puis, il y a ceux qui attendent des heures dans l'entrée l'air inquiet, à se demander ce qu'ils ont fait de leur imperméable, et qui, chose cocasse, se décident enfin à partir à sa recherche au moment précis où vous allez fermer la médiathèque..."Je ne repartirai pas sans mon imperméable" (vous imaginez ma tête). Vous l'accompagnez donc dans son périple en subissant le récapitulatif de sa journée heure par heure, lieu par lieu, qu'il ressasse à l'infini en marmonnant, les yeux dans le vague. Déjà que vous n'aimez pas les ascenseurs, mais alors là seule avec lui vous vous sentez, comment dire...mal. 4ème étage : rien. 5ème étage : rien...Vous redescendez. Dans l'ascenceur, vous imaginez subitement un scénario catastrophe, genre il vous saute dessus, vous hurlez, l'ascenseur se bloque...?!! n'importe quoi. Finalement il sort. Sans son imper. Un quart d'heure de paumé, bien, bien bien. Le temps de rentrer chez vous, de faire la popotte et il est 21h00 bien tassées. Comment dire, vouuuus vous sentez légèrement contrariée, n'est-ce pas.

Pourquoi, mais pourquoi moi, merde crotte chier con...pourquoi que c'est comme au Monoprix, où je tombe toujours sur la caisse où la dame elle a oublié le steak haché ou alors elle s'est trompée de nombre de tranches de jambon et ce serait la catastrophe si y en avait 2 au lieu de 4 et ohlala qu'est-ce que j'ai fait de ma CB...?!! vous permettez je retourne au rayon frais vérifier merci madame vous êtes gentillle excusez-moi hein messieurs-dames, ohlalalala mais c'est pas vrai...ou bien oh attendez j'ai oublié les poivrons, j'en ai pour deux secondes hein, excusez-moi, je me dépêche MAIS OUAAAIS...MAIS OUAIS TU T'DEPECHE BAH OUAIIIS...

...Kof kof...excusez-moi, mademoiselle, euh, je n'ai qu'un article, ça vous ennuierait de, euh, me laiss...euh, hum...oui, euh...non rien (sourire du mec qui tient à sa vie)...

5 commentaires:

Biblix a dit…

Hélas, hélas, hélas...
Tout les jours on en voit des comme ça... Surtout ceux qui viennent 10 mn avant la fermeture et qu'on est quasiment obligé de virer et qui vous regarde tout surpris : "Ca ferme déjà ?" (Non, on est ouvert jusqu'à minuit, andouille !!! Sans compter les idées de déchaînement bestiales qui vous assaillent à l'encontre du susdit) alors que ça fait déjà plusieurs années qui viennent à la bibli...

Un adjoint du patrimoine ardennais

Anonyme a dit…

De toute façon, ces emm****, on ouvrirait la biblio jusqu'à minuit, qu'ils trouveraient encore le moyen de se pointer à 23h55 ;-)
Catherine

Anonyme a dit…

Et on n'oublie pas les collègues travaillant dans les bibliobus qui eux ont froid toute l'année sauf l'été où là, ils font sauna...

M-A a dit…

Je crois que plein de bibliothécaires sont victimes de ces supers batîments vitrés, réalisés par des géniauuuux architectes, et
1/ ah bah mince, y a du public qui vient. Accueillir des mômes de 2 ans dans un batîment où il fait 8 degré, c'est cool, nan?
2/ ah bah mince, les livres ça pèse, la mezzanine elle tiendra pas avec ces deux micro-poteaux pour la soutenir. Que c'est con...
3/ Ah bah mince, les grandes baies vitrées, l'été ça chauffe et ça cuit et les bibliothécaires et les bouquins...Ah oui, et le pauvre public naïf qui a cru les pouvoirs publics disant de se réfugier dans les bibliothèques pour avoir de l'air frais Mwahahahahaha

Côminou a dit…

J'avais ce problème là aussi quand j'ai bossé à la banque ! Entre ça et ceux qui sont pressés de rentrer une demi-heure avant l'ouverture...

J'aime beaucoup ton "tu peux te le mettre dans LALALA", c'est une de mes citations préférées ;-)

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