12 novembre 2008

Senteurs et parfums

5 octobre 2007


Hmmm...

C'est cette odeur...mais si, vous savez, celle qui vous fait faire la grimace du chat-qui-fait-caca (air profondément contrit, déboussolé, et absent).


Ce n'est pas la première fois que vous la sentez celle-là. Tout d'abord, vous avez cru que votre collègue Didier, ce potache, vous avait fait un petit cadeau odorant, mais cette hypothèse, vous l'avez abandonnée assez vite : ça ne ressemble pas à une odeur de pet, ça n'a pas vraiment de caractère. Quand même...ça vous dit quelque chose.


Tout à coup, vous avez l'illumination : cette odeur, c'est celle du manteau en feutre beige, des bas couleur chair et des chaussures orthopédiques, c'est l'odeur des sacs à main Saison Automne-Hiver 1974, de l'eau de Cologne et de la crème de jour Diadermine qui colle, de la laque Elnett et du rouge à lèvres corail...Même pas besoin de regarder la banque de prêt devant vous, vous mettriez la main au feu qu'on vient d'y déposer quatre romans du terroir, vous allez avoir droit au sempiternel "On peut en prendre combien déjà? quatre, c'est ça?"... NON, c'est six. ça fait quinze ans que c'est six documents, et quinze ans que vous demandez à chaque fois que vous venez si c'est quatre. Vous supportez ça depuis un an et vous vous demandez comment vous faites pour ne pas craquer. Quant à Didier et ses neuf ans de loyauté, vous lui vouez une admiration sans bornes. A sa place, on vous aurait coffrée depuis longtemps pour homicide volontaire sur octagénaire tremblotante.


Vous relevez les yeux : elle est là, la mamie. Toute mimie. Bon, ok, elle est mimie, mais ça pue ça pue ça pue ça madame!


Si mamie avait un semblant d'humour, vous tenteriez un jovial "Surtout, si vous avez besoin de vous changer, n'hésitez pas madame, les tables à langer se trouvent dans les toilettes du rez-de-chaussée" ou bien " Voulez-vous que je vous aide à trouver votre date de péremption?"...Mais bon.

Vous n'avez jamais pris de coup de canne dans la gueule, ce n'est pas aujourd'hui que vous allez commencer. Mais pour cela il vaudrait mieux arrêter de lui sourire bêtement, tout ça parce que vous avez compris que les deux tâches marrons sur ses deux joues, c'est vraiment du blush, vu la couleur il date sûrement de 1979. Et vous cherchiez vainement ses sourcils (habilement dissimulés sous une couche de fond de teint, enfin de farine pensiez-vous), alors qu'elle n'en a plus, tout bonnement...ha ha vous n'y aviez pas songé!


Allez, retenez-vous de rire encore un peu, au moins jusqu'à ce qu'elle atteigne l'ascenseur. Oui, ça risque d'être long, probablement une douzaine de minutes (le temps qu'elle fasse trois fois le tour de la salle avant de se rappeler l'emplacement du dit ascenseur). Après tout, c'est peut-être la dernière fois que vous la voyez.

3 commentaires:

Habib Liotek a dit…

On devrait mettre des escaliers avec des marches escamotables sur commande.
Parce que l'air de rien, balancer 2 ou 3 croûlants dans les marches tous les jours, ça abîme le dos (et l'oDOSrat... haha)

euroswiss a dit…

1974 ? c'est mon année de naissance... très mauvaise pour le vin mais excellent pour les sacs à main !

c'est bête et méchant ! j'adore ! continue comme ça !

Anonyme a dit…

J'en ai eu, une fois: pas si vieux, mais l'odeur: l'odeur! il paraît que le personnel lui avait déjà demandé de sortir tellement il puait... et on a dû ouvrir les fenêtrtes après! m'étonne pas je l'ai eu à la banque de prêt: quelle odeur mes enfants...

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